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NAO 2010 : quelles sont les marges de manoeuvre ?

22 mars 2010 lu 5 781 fois Aucun commentaire

© Sergio Roberto Bichara - sxc.hu
Dans un environnement économique peu favorable, quels pourraient être les arguments des représentants des salariés lors des négociations annuelles des salaires ?
 
La crise immobilière et financière qui s’est faite jour fin 2008 a sensiblement affecté l’économie mondiale. En France, l’activité économique s’est contractée de -2,3% et les pertes nettes d’emplois sur l’année ont atteint 320 milliers de postes.

Dans cet environnement économique et social morose, comment les représentants du personnel peuvent-ils aborder au mieux les négociations annuelles obligatoires des salaires (NAO) ?

D’ores et déjà, il est clair que les statistiques sur l’inflation en 2009 ne seront pas d’une grande aide. En effet, selon les données de l’INSEE (1), l’indice des prix hors tabac, en moyenne annuelle, aurait été stable (+0,06%) en 2009. De décembre 2008 à décembre 2009, on note une très légère progression de +0,8%.

Malgré la neutralité de cet indicateur de référence, les représentants du personnel peuvent, selon la situation de leur entreprise, recourir à plusieurs autres arguments pour négocier.

1. L’évolution des salaires de base en France en 2009

Selon la DARES (2), les salaires de base en France ont progressé en moyenne de +2,05% en 2009 par rapport à 2008. Sur 3 ans, l’évolution est d’environ +7,5%. Pour les entreprises dont les NAO cumulées sont inférieures à cette moyenne, l’argument de rattrapage de l’indice national est pertinent.

2. Le niveau des résultats 2009

Malgré la crise, de nombreuses entreprises affichent de bons résultats en 2009. Dans ces cas, les bonnes performances devraient constituer des arguments forts de négociation.

3. Les perspectives d’évolution du cours des matières premières en 2010

Dans certains secteurs d’activité, la baisse du prix des matières premières et emballages enregistrée depuis le début de la crise va certainement se poursuivre. C’est le cas par exemple d’un certain nombre d’ingrédients alimentaires. Une estimation des économies réalisées par l’entreprise sur ces approvisionnements (parfois non répercutées sur les prix de vente) pourrait éventuellement être mise en balance dans la négociation des salaires.

4. Partage des gains de productivité

Avec la crise, de nombreuses entreprises ont mise en route des programmes d’économies et d’amélioration de la productivité :

  • Economie sur les frais généraux
  • Réduction du recours à l’intérim
  • Amélioration des ratios de productivité de la main-d’œuvre.

Il apparaît raisonnable que les économies issues de ces recherches de productivité soient partagées avec les salariés.

5. La réforme de la taxe professionnelle

L’application de la réforme de la taxe professionnelle à partir de 2010 est susceptible d’entrainer des réductions d’impôts dont l’estimation peut également servir d’arguments lors négociation.
Plus largement, les avantages fiscaux et sur les cotisations sociales concédés par les pouvoirs publics aux entreprises peuvent ouvrir droit à partage avec les salariés (baisse de la TVA, exonérations de charges…).

Au total, malgré l’environnement macro- économique morose, plusieurs arguments de négociation peuvent être avancés par les représentants du personnel pour bâtir leur stratégie revendicative. AXIA Consultants reste à la disposition des élus avec lesquels il travaille pour élaborer ces arguments.

Notes :
(1) Institut national de la statistique et des études économiques
(2) Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques

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