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Quelles marges de manœuvre pour les NAO en 2018 ?

5 décembre 2017 lu 272 fois Aucun commentaire

© gunnar3000 - fotolia.comUn contexte macro-économique favorable

La croissance prévue en Europe se conforte en 2017, et devrait s’accélérer en 2018.
Dans la perspective d’une croissance de l’économie mondiale de +3,6%, l’Europe devrait afficher une croissance de +2,1% en 2017. En effet, malgré les incertitudes (Brexit), il est prévu une évolution favorable des exportations et une augmentation de la demande intérieure grâce à des conditions financières accommodantes.

Le regain de la croissance mondiale devrait bénéficier à la France et lui permettre également de booster ses exportations. Ainsi, après un niveau de +1,1% en 2016, la croissance française devrait s’accélérer et s’établir à 1,6% en 2017 et 1,8% en 2018.

Les cours moyens des matières premières et du pétrole en hausse

Le prix moyen à la production de l’ensemble des produits agricoles sur les 8 premiers mois de 2017 progresse de +3,6%. Les indices de prix des céréales et des laits de vache s’affichent respectivement en hausse de +4,8% et de +11,5% sur les 8 premiers mois de 2017. En revanche, l’indice des prix des veaux affiche une baisse de -1,2% à 105,6 sur la période de janvier à août 2017.

Quant au pétrole, le cours du Brent a oscillé autour de 47 $ par baril en moyenne sur les huit premiers mois de 2017, en hausse de +17,5%, en raison notamment de l’entrée en vigueur de l’accord de réduction de la production des pays de l’OPEP

La situation économique des entreprises en net amélioration

  • Un regain de confiance des chefs d’entreprises

Le climat des affaires progresse en continu depuis la fin de 2016 et il a atteint un plus haut niveau depuis 2011. Dans l’industrie, le moral des patrons est même à un niveau inégalé depuis 2007. Au total l’indice s’établit à fin octobre à un niveau 111 soit une hausse de +10 points depuis 12 mois.
La demande intérieure resterait solide, en particulier l’investissement des entreprises, mais surtout des ménages, qui bénéficient toujours des baisses de taux d’intérêts. L’investissement des entreprises a bien résisté à la fin de la mesure de suramortissement accéléré en avril dernier et devrait progresser de +4% cette année, selon l’Insee.

  • Évolution fiscale et sociale des entreprises 2018

Sur le plan fiscal, la baisse des taux de l’impôt sur les sociétés se poursuit en particulier au niveau des PME. Son élargissement à l’ensemble des entreprises est anticipé pour 2019. Les entreprises, réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 7,63 millions d’euros en 2018, seront imposées à hauteur de 15% pour les bénéfices compris entre 0 et 38 120 euros, à hauteur de 28% pour ceux compris entre 38 120 euros et 500 000 euros (vs 75 000 euros en 2017) et à 33,33% pour les bénéfices supérieurs à ce dernier seuil.

Néanmoins, la réforme du gouvernement prévoit une surtaxe exceptionnelle pour les 320 plus grandes entreprises françaises, en vue de rembourser une partie de la taxe sur les dividendes instituée sous le quinquennat de François Hollande, mais invalidée par le conseil constitutionnel. Concrètement, le taux de l’impôt sur les sociétés devrait passer cette année de 33% à 38% pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de 1 milliard à 3 milliards d’euros. Il atteindra 45% pour les entreprises dont la performance annuelle dépasse 3 milliards d’euros.

Sur le plan social, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) baisserait de -1 point à 6% au 01 janvier 2018, avant d’être supprimé en 2019. Il sera remplacé par un allégement de -6 points des cotisations patronales d’assurance maladie pour les salaires inférieurs à 2,5 Smic et de 10,1 points au niveau du Smic (dégressif jusqu’à 1,6 Smic). Par ailleurs, en lien avec la transformation du compte personnel de prévention de pénibilité (C3P) en compte professionnel de prévention (C2P), la cotisation de pénibilité serait supprimée au 1er janvier 2018 et prise en compte par la branche accidents de travail et maladies professionnelles.

Les perspectives d’évolution du pouvoir d’achat

  • Indice des prix à la consommation et des rémunérations moyennes

Sur la base des statistiques de l’Insee, les indices des prix à la consommation hors tabac et avec tabac progressent respectivement sur les 9 premiers mois de 2017 de +0,88% et de +0,90% par rapport aux moyennes annuelles de l’année précédente. Dans le cadre des NAO, cet indice pourrait servir de valeur plancher pour les augmentations générales.

Les statistiques de la DARES mesurent une hausse de salaires de base de +1,01%, à fin juin 2017 contre +1,16% en 2016. Par catégorie socio-professionnelle, cette croissance des salaires à fin juin 2017 se répartit comme suit : +1,04% pour les employés, +0,99% pour les ouvriers, +1,01% pour les techniciens et agents de maîtrises et +1,18% pour les cadres.

Les prévisions de hausse de salaires par les DRH, selon une étude du cabinet AON, sont de +2,4% en 2018 contre +2,3% en 2017.

  • Hausse de la CSG et suppression des cotisations d’assurance maladie et chômage

La réforme du gouvernement Macron prévoit une hausse de la CSG de +1,7 point à 9,2% sur les salaires à partir du 01 janvier 2018. Cette hausse serait plus que compensée par une suppression, en deux temps, des cotisations d’assurance maladie et d’assurance chômage. En effet, la cotisation salariale d’assurance de 0,75% serait supprimée dès le 1er janvier prochain et celle sur l’assurance chômage de 2,4% baisserait de -1,45 point au 01/01/2018 avant d’être supprimée totalement le 01/10/2018.

  • Suppression de la taxe d’habitation sous conditions de revenus et de la situation familiale.

D’après le projet de loi de finances 2018, l’extinction de la taxe d’habitation se ferait par paliers pour une application totale du dispositif en 2020. D’ici là, les contribuables entrant dans les conditions de revenus bénéficieraient des taux de dégrèvements suivants : baisse de 30% sur leur taxe d’habitation 2018, de 65% sur leur taxe d’habitation 2019 et une exonération totale de ladite taxe en 2020.

Conclusions

Les argumentaires des NAO 2018 devraient tourner autour des principaux points suivants :

  • Dynamiser le pouvoir d’achat des salariés qui a pâti ces dernières années d’une inflation très faible. Les projets de loi des finances et de la sécurité sociale pour 2018 envisagent des transferts de charges qui vont bénéficier à la classe moyenne. La situation des salariés aux revenus intermédiaires ou supérieurs sera à étudier avec attention.
  • Affecter aux salaires une partie des importantes ristournes fiscales dont les entreprises vont continuer à bénéficier avec les réformes de Macron (CICE, baisse du taux d’IS, …).
  • Au-delà de ces indications générales, il va de soi que dans chaque entreprise, les délégations syndicales devront soigneusement préparer les négociations :
  • – en étudiant le positionnement de leur entreprise par rapport aux différents statistiques nationales : hausse des salaires de base, évolution moyenne des rémunérations
  • – en définissant les objectifs syndicaux et en formulant les revendications correspondantes,
  • – en estimant le coût des revendications et bâtissant une argumentation adaptée.

Les équipes d’experts d’Axia Consultants restent à votre disposition pour vous accompagner à la préparation sur ces différents sujets (Formation négociation des rémunérations, estimation et simulation de l’impact financier des revendications…).

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